Le tourbillon de ma vie
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Épisode 115 | La peste

Un jour de février 2009 je m’achetai un goûter au Monoprix du coin. Ça me faisait sourire de choisir des gâteaux de Michel & Augustin que j’avais interviewé quelques semaines plus tôt. Je trouve ces biscuits un peu sec et ne valant pas leur pesant en beurre mais Michel avait été très sympathique et sa petite opération marketing de m’envoyer des gâteaux à la rédaction avait finalement bien fonctionnée.

En déambulant dans les allés du supermarché, je reçus un appel assez peu attendu d’un attaché de presse tout aussi peu agréable. À ce moment-là, je me préparai à interviewer deux heures plus tard, en direct, la plus droitière de l’échiquier politique français, Marine le Pen, et n’était donc pas plus rassuré qu’une guêpe dans un verre d’eau. L’attachée de presse de l’Agaçante me dit alors que c’était bon, qu’elle était décidée à m’accorder cette interview. Cependant, j’avais une demie heure pour me rendre au studio. J’acceptai.

Je dois avouer que j’avais beaucoup titillé l’équipe de l’Agaçante et qu’ils avaient finalement cédé. À tort, peut-être. On a pour la première fois enregistré une interview, dans le conditions du direct, fort heureusement. Cet énième numéro du Café Ferréol s’est vite transformé en catastrophe. Pour vous dire ce qui importe, elle a crié car on avait trois minutes de retard, que mes questions ne lui plaisaient pas, qu’il fallait retirer la dernière question au montage, que l’on était pas la radio de ses espérances et enfin qu’elle n’avait pas d’ « équipe de com’ » même si, bien que candide, j’avais souvenir de ma communication avec son attaché de presse alors que Michel et Augustin me faisaient de l’œil. Face à l’Agaçante, j’ai vite revêtit ses habits et je dois avouer ne pas avoir fait preuve de la plus grande délicatesse possible. C’était sûrement une erreur. J’ai mis fin à l’interview en saluant poliment l’Agaçante, aujourd’hui ministre. Il ne restait que ça, la politesse plus que la délicatesse.

J’ai alors découvert, Candide était de retour, les joies d’une interview ratée, d’un « clash » comme l’on dit et des conséquences pas très agréables des directeurs de radio, des attachés de presses et fameuses « équipes de com’ » qui appellent pour des demandes diverses et variées : des explications, une non-diffusion, une tête… C’était tout un petit monde que je découvrais alors. Je croyais avoir fait mes armes en interviewant une bonne partie des échiquiers politiques, médiatiques et culturels, de Laurent Fabius à Jean-Marie le Pen en passant par Valérie Pécresse, Alessandra Sublet ou la non moins ravissante Geneviève de Fontenay… Des armes en bois, donc. Candide, je continuai d’être. J’avais alors écrit sur ce qui était mon blog de l’époque pour raconter tous ces petits tracas pas toujours trépidants au milieu d’histoires que j’ai parfois toujours honte de relire.

Ce n’aurait pu être qu’une simple histoire de supermarché, de petits gâteaux ronds et bons et d’une interview ratée. Ce fut étonnement plus que ça car on avait demandé « ma tête ». Je souriais alors de la même manière que dans les allés du supermarché. Ma tête ne pouvait pas vraiment se réclamer car elle ne valait vraiment pas grand chose : j’avais seulement seize printemps, j’étais bénévole dans une radio locale et j’avais eu la prétention d’interviewer des personnalités d’assez grande envergure pour me faire titiller à mon tour.

Tout ça pour quoi ? Pour vivre toutes ces minutes qui précède un générique et un direct et qui ont été les minutes parmi les plus stimulantes de mes vingt et un printemps. En cinq ans je crois avoir forgé quelques armes, aussi fragiles soient-elles, en classe préparatoire et aujourd’hui en école de commerce.

Ces quelques lignes existent car je me rappelle avoir couru au studio de BFMTV après y avoir vu l’Agaçante dans mon poste. À celle qui ne voulait pas m’adresser la parole au téléphone, je voulais aller parler, calmement. Elle est grimpée dans son taxi. Je me rappelle avoir pris la direction inverse pour aller travailler, dans l’espoir un jour de revivre cette minute qui précède le direct.

Dans quelques jours je vais revivre ces quelques secondes qui précèdent un enregistrement et j’espère que cela vous plaira !

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