Le tourbillon de ma vie
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Episode 111 – Tourments sur des dix-huit juillet tumultueux

 

Un an : Barberaz, Savoie, rouge de rage, proche de l’attaque cardiaque, douche froide obligatoire

Deux ans : Gap, Hautes-Alpes, d’un banal.

Trois ans : Ile d’Oléron, anniversaire sur une glace, coupobolé et salopété (déjà salopété, vous remarquerez la beauté du terme…) (la photo)

Quatre ans : Perth, Australie (sans commentaire)

Cinq ans : En route vers la Bretagne, en voiture (avec commentaire, la gerboulade)

Six ans : Gap, Hautes-Alpes (drame de ma vie)

Sept ans : Quimper, Bretagne, l’âge de raison

Huit ans : Escalet, Cote d’Azur

Neuf ans : Mariage de X & Y, devant une salle comble, tétanisé

Dix ans : les Contamines, Haute-Savoie (la Haute-Savoie quoi…)

Onze ans : Ikéa, zone commerciale de Vitrolles, Marseille (explications à venir)

Douze ans : Saint Malo, Bretagne

Treize ans : Bandol, Cote d’Azur

Quatorze ans : Porto Vecchio, Corse

Quinze ans : Sur la méditerranée, dans un bateau, avec une angine.

Seize ans : Australie, Sydney, couronné

Dix-sept ans : Bandol, Cote d’Azur

Dix-huit ans : le Pradet, Cote d’azur et sur Fesse-bouc « Sa fé hiper longtemps jspr que tu va bi1, joyeux zanni, kiss, love, jtdr, kiss, bisous, té mon best »

Ce n’est pas pour aller à contre-courant, je vous assure mais en ce dix-huit juillet je vous confesse une chose : je n’aime pas le jour de mon anniversaire.

Parait-il que je vais l’aimer de moins en moins mais pas pour les mêmes raisons. Parait-il que la vieillesse prendra le dessus sur mes petits tracas. Petits tracas, oui, parlons-en.

J’ai déjà eu la maladresse de naitre en plein juillet : combien d’anniversaires fêtés dans des hôtels, sur la route des vacances (autrement dit dans des cuvettes remplies de gâteau mâché-recraché sur l’autoroute, baaah sale), au restaurant. Tout ceci bien souvent sur un gâteau improvisé (une glace, un petit lu (non, ils ne me l’ont jamais faite celle-là), des crêpes (si, il suffit de ne pas planter les bougies et ça passe bien)), avec des inconnus autour, une organisation de cadeaux souvent défaillante (« Prends cette enveloppe, on ira acheter le cadeau plus tard ») ou consternante (« On savait qu’un petit bateau gonflable en plastique allait te rendre fou ») … A vrai dire ce n’est pas moi qui ai commis la maladresse et vous ne pouvez imaginer cette volonté de revanche qui a grandi de jour en jour face à mes petits camarades.

Imaginez cette jalousie à l’école quand on fêtait les anniversaires des autres. J’avais chopé le mauvais filon (nouvelle expression) et je me retrouve avec la bande d’éclopés qui chialaient leur mère de ne pas avoir droit eux aussi à un gâteau confectionné avec amour par les parents d’élève (amour ? juste une question de bien se faire voir dans l’association, gagner le prix de la meilleure maman aux yeux de tous), une petite classe qui chante et enfin un petit bisou de la maitresse (électrique le bisou, on a tous eu des « maitresses EDF »). Tout ça pour ça donc.

Bon ok, j’arrête de me plaindre sur ce point ; oui, il est vrai que c’est aussi une chance de vivre son anniversaire dans des lieux différents chaque année. D’autant que débordant d’imagination et ayant créé dans mon enfance une relation de confiance avec un autre Dieu que celui que mes parents voulaient me faire découvrir : le seigneur Ikéa. Ainsi pour mon onzième anniversaire demandais-je à aller chez Ikéa après la fameuse question «Que veux tu faire le jour de ton anniversaire ?». Au placard les espadrilles et les seaux de plages et en avant les rêves chez le géant suédois dont je connaissais les prix du catalogue par cœur.

Le jour de mon anniversaire donc. Vingt-quatre heures (révolutionnaire n’est-ce pas ?). On attend impatiemment ce jour, on trépigne et bim, cinq minutes avant on revient sur l’année, on se dit merde, je n’aurais plus jamais dix-huit ans. Alors on se fait pleins de petits projets (oui, malgré le fait que chez moi le jour de l’an se produit chaque jour par des résolutions et la naissance de projets plus débiles les uns que les autres, j’ambitionne le jour de mon anniversaire de nombreuses choses : la gestion du rayon Canapé au Ikéa de Maubeuge par exemple (salut à toi, gestionnaire des canapés au Ikéa de Maubeuge qui lit ces lignes et prépare toi, assieds toi bien sur ton fauteuil, j’arrive !). Vous l’avez compris je remets donc à zéro tous mes rêves le jour de mon anniversaire. Je m’enfonce dans des idées qui n’aboutiront surement pas. Ce n’est donc pas un jour où l’on m’emmerde.

M’emmerder ? Oui, notamment par notre révolution technologique. Je m’explique : je suis fan des petites cartes d’anniversaires offertes par les grands parents, les parrains marraines (ici, je dépose un alerte enlèvement pour ces deux-là qui sont portés disparus…), les oncles et tantes et autres amis de cour d’école. Je conserve d’ailleurs une caisse avec toutes ces petites cartes.

Facebook est bien pratique et a fait office de mémoire à de nombreuses reprises pour me remémorer les dates d’anniversaires d’ « amis » dont je n’aurais en fait jamais eu l’idée de la date d’anniversaire sans le fameux outil. Mais c’est un autre point que j’aborde : le souhait d’anniversaire sur Facebook : d’une vulgarité. Ainsi, pour ce dix-neuvième anniversaire j’ai supprimé mon wall et tout ce qui s’apparentait à une date visible d’anniversaire. Je n’ai finalement reçu que les messages de la part de gens que j’aime sur mon téléphone, dans mes mails, ou dans ma boite aux lettres (enfin, depuis mon lieu de vacances j’espère que la boite au lettre a une petite récolte…) : alors oui les messages d’anniversaires furent moins nombreux mais quel plaisir d’éviter les salives d’ « amis ». Bien sûr il y a eu les retardataires, Charlotte et Antoine superbes amis d’enfance pour ne citer qu’eux, mais il n’y a eu que des gens que j’aime qui y ont pensé et je les remercie.

Cela va sans dire que dans une démarche AnneSinclairienne je conserve une liste des gens qui ont oublié le petit texto bon anniversaire et que je serai sans pitié. En réalité cela va sans dire qu’avec le peu d’anniversaires que je souhaite dans l’année, certains peuvent oublier.

Oublions tout de même cette histoire de facebook et revenons au basiques. Car un anniversaire c’est d’abord une date que je redoute, une journée que l’on se force à marquer au fer rouge, un réveil pour voir « qui a oublié ? » à la table du petit déjeuner, un gâteau sur lequel on souffle que l’on ne mange pas, des cadeaux achetés en dernière minute, des messages pourris sur Facebook, un coucher nostalgique d’une journée qui aurait pu être banale, sauf que sans le dix-huit juillet je ne se serai pas allé chez Ikéa.

Dix-neuf ans : Paris, jolie câlin sur un quai de gare, Marseille (je zappe la description du TGV pour vous éviter de détester aussi mon anniversaire), Saint Raphael. Ah j’oubliais : je file souffler mes bougies (oui on fait ça avec un jour de retard « pour que tout le monde soit là, c’est plus sympa »)

Post Scriptum : le mec qui me souhaite bon anniversaire dans les commentaires est une plaie.

Post Scriptum II : ceci n’est pas un règlement de compte avec ceux qui ne m’ont pas souhaité mon anniversaire, seulement un règlement de compte avec mon anniversaire.

Post Scriptum III : n’empêche que les cadeaux sont bienvenus (sans commentaire)

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8 commentaires

  1. @Wyseur : Clairement ! Comment vas tu ?!

    @Anonyme : who are you ??

    @clement : merci, on partage le prénom, c’est déjà ça :)

  2. wyseur dit

    bien bien, frais et dispo pour attaquer cette magnifique année qui nous attend!

  3. Bloute dit

    J’aime cet article, il est frais, il est marrant, c’est tout ce que j’attends d’un article comme ça. Bravo! Monsieur Ferreol, j’aime ce que vous faites.

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